Lettre à mes bourrelets..

10:00

Mes très chers bourrelets,

Aujourd'hui, je vous écris, car vous allez disparaître de ma vie, d'ici Noël, vous commencerez à partir et je ne vous verrai plus.

Alors, vous vous demandez sûrement pourquoi, car vous étiez bien installée, au chaud. Mais bientôt se sera fini. Je vous quitte, et je l'espère définitivement.

Je vous ai aimé et parfois détesté, à vouloir me couper les cuisses, le ventre, les bras et même ma poitrine. Mais bientôt on va se dire adieu, j'espère que vous ne m'en voulez pas, mais j'ai besoin de vivre, j'ai envie de pouvoir voir autre chose dans la glace que quelques choses qui me dégoûte. J'ai besoin d'avoir un corps qui me donne envie, et non souffrir.

Alors oui, je l'avoue. Vous avez été mon bouclier depuis plusieurs années. Mais parfois, il faut laisser tomber ce bouclier qui nous protège, parce que dans la vie, on ne peut pas se protéger de tout. Je vois des filles qui font ces opérations, malgré leurs convictions comme "je suis bien dans ma peau, je n'en ai pas besoin, je suis fière d'être ronde" et qui disent assumer, mais quelques mois après se disent, oui je vais me faire opérer pour être comme tout le monde et finalement, elles se mentaient à elles-mêmes. 

Alors oui, je vais pouvoir courir, faire du sport, vivre mieux, avoir moins mal au dos, aux jambes, aux pieds, pouvoir jouer avec les enfants que je garde sans que vous me freiniez, ne plus être essoufflé quand je monte des escaliers, pouvoir m'habiller dans n'importe quels magasins, sans me dire où sont les grandes tailles.

Mais vous allez me manquer, oui  parce que quand on passe plus de la moitié de sa vie avec vous, on est quand même un petit peu attaché, mais vous savez que c'est pour mon bien et pour que je puisse continuer à vivre sans cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Avec des petites bombes dans mon corps.

Je sais qu'avec cette opération, toi mon corps et vous mes bourellets, je vais vous faire du mal, je le sais, je vais vous enlever une partie d'estomac, je suis horrible, je le sais, mais c'est pour notre bien.

Vous avez créé mon mal-être, mes dépressions, mes larmes, mes douleurs, vous avez créé les insultes à l'école, au collège et au lycée, vous avez créé des moqueries, des regards qui blessent, des "on n'a pas votre taille", où "on a supprimé le rayon grande taille". Vous avez créé quelque chose d'encré en moi, que j'aurai du mal à me défaire, mais vous avez créé des bons moments aussi, ne l'oubliez pas.

Moi je n’oublierais jamais les bons moments, les crises de rire dans la glace quand je fais bouger mon ventre, mes cuisses aussi. Les bons repas que vous adoriez, les pots de Ben & Jerry's que vous aimez tant. Oui, le beurre de cacahuète est ton péché mignon, et tu adores les bons plats de ma maman, et de ma belle maman. Tu adores aussi quand je mange gras, trop sucrée. Par contre, je sais que vous n'aimez pas le lait. Je me rappelle, des bons repas du dimanche avec la famille, où je me dis que je vous apprécie beaucoup, car je n'ai jamais eu le ventre gonflé, que finalement foutue pour foutue, je m'en fichais des quantités. Qu'une tranche en plus, ce n'est rien. Qu'une part de gâteau, c'est juste quelques calories en plus.

Ma copine vous aiment, elle s'en fiche que vous soyez un ou même dix, pour elle je suis la plus belle dans ses yeux, mais moi je ne vous aime pas. Et c'est pour cela que je vais vous quitter. Oui, on va se battre, je le sais. Oui, ça va être dure, ça va vous déchirer le cœur, mais on doit se dire au revoir un jour où l'autre car je ne peux pas finir ma vie avec vous, sinon je la finirai trop tôt.

Ne m'en voulez pas. Je vous demande pas de disparaître totalement, je vous demande juste de me laisser vivre ma vie, sans que vous soyez un frein à elle.

Je vous aime, mais je dois vous dire adieu.

P.S : N'essayez pas de revenir quand vous allez disparaître, ça nous fera plus de mal qu'autre choses...


L.P.R ♥

2 commentaires:

  1. Je trouve cette "lettre" tres mignon et je pense que chaque personne a le choix de son corps si les gens en ont marre et qu'il ne supportent plus le reflet du miroir,en tout cas bon courage.

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  2. C'est radical comme combat, mais en dernier recours ... Après il faudra apprendre à aimer la nouvelle peau, une autre épreuve à surmonter avec les abdos. Y a pas de miracle hélas.

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